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Blog-Tone du 4 octobre 2006 : Violence (suite)

mercredi 4 octobre 2006, par Ian Balat

Violence (suite)

Et puis l’Universit. Je me souviens de cette priode bnie quand tout tait permis. Aucune obligation de prsence, cours magistraux que nous suivions dans l’anonymat presque complet ; car passer inaperu dans un amphithtre de 500 places est plus facile que dans une salle de 40 avec appel en dbut de cours. Et cette promiscuit dlicieuse, ces changes de regards, ces nouveauts si loin de mes habitudes, bref l’Universit au dbut, c’est vraiment chouette. Et puis, a se gte. Il faut achever un cursus, passer des preuves parfois difficiles, montrer patte blanche et comme disait un de mes matres passer sous les fourches caudines ou sortir du couvent des oiseaux . On perd normment par la suite, on doit accepter de se soumettre des professeurs qui ont tout pouvoir sur vous. Car passer son bac, c’est en fait anodin, on reste nombreux jusqu’au bout. Finir un cursus c’est plus exigent, on n’est plus qu’une poigne la fin, et dans notre environnement le pourcentage de professeurs augmente considrablement. Puis il faut bien les choisir, miser sur le bon cheval en quelque sorte, donc frquenter les professeurs les mieux pourvus dans le champ.

Cette caste, car c’est comme cela qu’elle se peroit, de professeurs d’Universit peut tout. Elle peut vous accepter dans son sein comme vous dtruire. Tant que vous tes simples tudiants, elle n’a aucune considration pour vous, quand vous devenez disciples, elle est votre matre absolu. Obir, travailler pour eux, faire des recherches qu’ils pilleront sans vous citer, tre constamment humilis par leurs gos surdimensionns. Et ce mpris incalculable ! Il suffit d’avoir affront l’administration quand on a une demande imprieuse pour se convaincre qu’en fin de compte tant que vous n’tes pas du srail, vous n’tes rien. Mme dans l’arme une telle violence n’existe pas, malgr la discipline et la prsence d’armes meurtrires. Un Professeur d’Universit est comparable un Commissaire Politique sovitique, ou un Inquisiteur, devant lui vous avez tort, vous tes un accus perptuel, mais vous ne savez pas de quoi, vous payer un prix que vous ignorez pour des fautes inconnues. Parce que c’est vous, parce que c’est lui. Cette violence hallucinante dans une dmocratie se perptue, s’excuse indfiniment, rien ne peut la remettre en cause que l’acte individuel de sortir de l’Universit. Je regrette parfois de n’avoir pas continu plus loin mes tudes, et puis je regarde ceux qui sont rests et je compte ceux qui ont russi vivre de cette passion. Aucun.