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Le 14 mai 2011, 1ère journée régionale de Psychothérapie institutionnelle à Agen

mercredi 13 avril 2011, par Michel Balat

1ère journée régionale de Psychothérapie institutionnelle organisée par les Associations Culturelles :

Métiers à tisser – Auch
A travers champs – Agen
Les Passerelles – Cadillac s/ Garonne
La Palabre - La Force/Bergerac

Des « institutions »
sont-elles encore
possibles dans nos
« établissements » ?

Samedi 14 Mai 2011

de 8H30 à 17H

Faculté de Droit

2 Quai Dunkerque

AGEN

Argumentaire

François Tosquelles opérait une distinction entre « l’établissement » et « l’institution ».
Pour le premier il s’agissait de définir ce qui est « établi » dans des lois et des règles
administratives, des moyens financiers, des bâtiments...

Pour la seconde, il s’agissait de repérer et d’organiser au moyen « d’opérateurs » (clubs,
constellations, associations culturelles, réunions de patients et des personnels...) la dynamique
interrelationnelle entre rôles, fonctions, statuts, de favoriser la circulation de la parole, de
soutenir l’élaboration permanente de la pensée, de mener en continuité l’analyse
institutionnelle et la lutte contre les mécanismes d’aliénation mentale et sociale à l’oeuvre au
sein de « l’établissement », d’articuler constamment l’individuel et le collectif....

Qu’en est-il aujourd’hui de cette distinction ?

Il semble que ces deux mots se soient peu à peu superposés et confondus, on parle
fréquemment de telle ou telle « institution » pour désigner tel ou tel établissement.

Ce repliement d’un mot sur l’autre au point de les confondre n’est certainement pas sans effet
sur notre possibilité de penser nos pratiques de soins, éducatives ou pédagogiques.

La logique « d’établissement » tend à devenir de plus en plus prégnante avec son cortège de
lois, directives, référentiels qui tendent à organiser par le menu, de manière quasi
obsessionnelle, ce qui se passe et surtout ce qui doit se passer et comment cela doit se passer !

« L’établissement » vient ainsi prendre la place et réifier (le « pratico-inerte » pour Jean Oury)
ce qui devrait rester inscrit dans une dynamique institutionnelle vivante.
Face à cette pression de « l’établissement », n’avons-nous pas tendance à nous résigner à
assister passivement à la fin des » institutions » ?

Or les institutions « sont »... mais savons-nous en repérer les émergences, les soutenir, les
institutionnaliser comme autant d’opérateurs de soin, éducatifs ou pédagogiques. Savons-nous
aussi en susciter la création de nouvelles quand d’autres s’éteignent ?
Si la logique d’établissement peut paraître omnipotente et s’il est légitime de lutter contre ses
effets, elle ne nous exonère pas de notre responsabilité de soignants ou d’éducateurs à « faire
de l’institution » avec des choses aussi simples que l’accueil, l’organisation de la vie
quotidienne, la circulation de la parole dans les groupes, la manière dont on va « s’y prendre »
ensemble pour faire le ménage, organiser une sortie ou apprendre le théorème de Pythagore...

Souvenons-nous que ce que nous appelons la « psychothérapie institutionnelle » est née
dans les pires conditions d’aliénation dans les établissements psychiatriques durant la
seconde guerre mondiale. Face à ces dérives, elle a posé pour exigence d’articuler à cette
logique d’établissement une autre logique, celle du transfert qui ne se décrète pas, qui opère
là où on le l’attend pas, qui ne se laisse pas enfermer dans les filets de l’administration et de
la gestion et qui a donc besoin d’institutions pour qu’il lui soit possible d’y inscrire quelques
effets