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Luundi 11 : Le Tour de souffrance.

vendredi 1er juillet 2005, par Ian Balat

Le Tour de souffrance.

Le Tour de France est un vnement personnel qui accompagne nos souvenirs. Chacun a son Tour. Pour moi, c’est les vacances, le soleil, la plage, et aux heures les plus chaudes de la journe, c’est ce moment pass la frache, sur le canap, dans la pnombre, dans les courants d’air. C’est la geste des costauds du peloton, d’individus exceptionnels soutenus par une foule hurlant leurs noms. C’est des corps dforms par le vlo, soumis sa puissance. Le corps du cycliste est vou son outil de travail ; suivant qu’il est grimpeur ou sprinter, il aura des muscles fins ou pais, un cur lent ou rapide, mais toujours un souffle hallucinant. Il est l’ouvrier de sa machine, il lui donne la vie. Il est le moteur non mu qui permet tout le reste. Le centre d’un monde de souffrances.

L’homme cycliste n’est pas. Il est un conte, une fable. Il n’est qu’une tranche d’effort, un moment de douleur. La route ne se fait jamais seul, l Bahamontes a lanc une attaque, ici Hinault a dfinitivement gagn le Tour, c’est l encore que Casartelli a chut ; les lieux se succdent avec leur vie propre, dpassant chaque individu mais l’intgrant dans cette histoire qu’ils peuvent leur tout marquer. La route du Tour, c’est le Tour de souffrance , ce sont des hommes qui vont se briser dans cette conqute, par got, par obligation, par hasard. Le vlo impose comme impose la mine ou la vigne, il cre sa socit, modle ses corps, gnre sa propre histoire.

Le Tour arrive dans la montagne ; cet vnement m’a absorb. En voyant Rasmussen en danseuse sur le Ballon d’Alsace tout m’est revenu comme si une anne n’tait pas passe, comme si rien d’autre que le Tour n’tait arriv. J’tais dans tous les lieux et avec toutes les personnes avec qui j’ai partag ce spectacle.