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Mardi 28 : Le jeu des trois citations.

mardi 28 juin 2005, par Ian Balat

Le jeu des trois citations.

Certains journalistes ont une fâcheuse tendance à écrire sur un peu tout en même temps ; au détour d’une anecdote, ils s’autorisent quelques envolées, revirent sur l’actualité pour finir sur le temps béni de... leur enfance, du dernier gouvernement ou du temps que « c’était mieux avant ». Certains d’entre eux se sont spécialisés dans ce type d’évocations avec parfois un certain bonheur, on les appelle des chroniqueurs. J’apprécie particulièrement ceux du Figaro, comme Stéphane Denis, Alain-Gérard Slama, Alexandre Adler, Ivan Rioufol ou encore Jean-Pierre Robin, car avec eux je peux jouer au jeu des trois citations. Par exemple aujourd’hui c’est Stéphane Denis qui s’y colle. Je parcours rapidement sa chronique et je vois : « Tétradrachme », « Polignac » et « Ahmadinejad » ; souvent ça n’amuse que moi mais parfois, si les sujets abordés sont assez divers, ça peut tirer un sourire.

L’information remaniée par ces plumes a une saveur très particulière. Le chroniqueur normalement devrait rapporter un événement marquant avec précision et dans un ordre chronologique ; force est de constater que les chroniques d’antan (voilà que je m’y mets moi aussi) sont passées de mode. Le chroniqueur ne va plus rapporter quelque chose mais rapporter à lui. C’est la semaine vue par ou encore tel événement commenté par... Stéphane Denis évoque dans sa chronique les réformateurs, entamant sa prise de plume avec Sarkozy (soupir) pour évoquer les écuries d’Augias et les difficultés que rencontrent les « nettoyeurs », espèce qui, semble-t-il, réapparaît tous les quarante ans (ah ? bon !) dans le paysage politique français.

C’est pour ça que j’apprécie le jeu des trois citations ; on peut parfois tirer de ce charabia trois petites choses futiles qui ensemble peuvent, comme un assortiment accidentel de couleurs, jurer, faire sourire ou simplement effrayer. Mais, et c’est là la limite de ce jeu, jamais ça ne stimulera les parties nobles de ma boîte crânienne.