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Quelle place pour l’accueil sous mesure judiciaire de la protection de l’enfance ?

Maryline Gouju

mercredi 3 mai 2006, par Michel Balat

Quelle place pour l’accueil sous mesure judiciaire de la protection de l’enfance ?

Quand il nous a été proposé de travailler sur l’accueil, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant de partager avec vous l’expérience que je peux en avoir à la maison d’enfants dans laquelle je travaille en tant que psychologue.

Je décrirai rapidement les lieux et mon travail un peu plus loin. Là, je vais tenter de vous faire partager comment depuis plusieurs années j’essaie de porter une attention spécifique à l’accueil d’enfants séparés du quotidien de leur famille, ordonnée par le juge des enfants, le plus souvent en lien avec des carences importantes ou des maltraitances.

Dans les institutions sociales, appelées le plus souvent foyer, il est toujours complexe et tortueux de parler, de « penser » l’accueil. La manière d’accueillir est le plus souvent « racontée » comme se faisant de façon instinctive...toute démarche d’élaboration et le temps qu’implique cette élaboration sont souvent attaqués, mis à mal. Le temps, la pression des autres professionnels, le danger sont mis en avant.

Si ces raisons ne sont pas à minimiser, il me semble que des mouvements contre-transférentiels n’y sont pas absents. Mot banni et parfois « atténué » par contre- attitude.

Je vais commencer par citer une définition du mot accueil :

Il y a deux sortes d’accueil : celui que l’on fait, et celui que l’on reçoit. Cette distinction correspondant à celle de l’emploi actif et l’emploi passif du verbe accueillir.
L’accueil que l’on fait témoigne des dispositions, d’une attitude de l’ « accueillant » pour celui qui est accueilli. Parfois il révèle un aspect psychologique de la personnalité qui accueille. L’accueil dans ce cas entre dans le champ paradigmatique de l’ouverture qui peut être négative ou positive, favorable ou défavorable selon qu’un sentiment de sympathie ou d’antipathie préside à l’accueil.

En ce qui concerne l’accueil que l’on reçoit, ce n’est plus alors la notion d’ouverture qui prévaut mais celle de réceptacle, de contenant. Il s’agit de laisser entrer l’accueilli dans l’intimité physique, intellectuelle, morale de celui qui accueille. Une valeur sociale s’attache à cet accueil comme le montrent les syntagmes : maison d’accueil, centre d’accueil. « Accueillir » signifie alors « entrer dans l’enclos de leurs limites, se mouler dans leurs formes, se conformer à leurs mesures ».

Il me semble que c’est la forme active, qui est le plus souvent oubliée ou « évitée » dans les institutions. C’est-à-dire la dimension émotionnelle de celui qui accueille, et ce que cela implique dans l’accueil et qui permettra ou pas une rencontre possible, ou non.
Le collectif est important et contenant...pour vivre, élaborer les émotions que suscite ce travail.

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